Le théâtre public, hôte des auteurs contemporains

February 4, 2009 § Leave a comment

LE MONDE | 07.01.09 | 16h18  •  Mis à jour le 07.01.09 | 16h18

Une fois n’est pas coutume : les auteurs contemporains dominent la rentrée du théâtre public. Alors qu’à l’automne 2008 Shakespeare régnait en maître, l’an 9 s’annonce sous le signe de Michel Vinaver, Howard Barker et Jean-Luc Lagarce.

Des trois, Howard Barker est le moins connu en France. Ce Britannique né en 1946 a écrit une cinquantaine de pièces, dont la plupart sont publiées aux Editions Théâtrales. A sa manière, mais en plus pulsionnel, il se situe dans la lignée d’Edward Bond : ses pièces sont des tragédies modernes, nées sur le terreau des lendemains de catastrophe.

L’Odéon-Théâtre de l’Europe consacre tout un pan de sa programmation à Barker. De janvier à avril, quatre pièces seront présentées. Une réécriture moderne d’Hamlet, Gertrud (Le Cri) ouvre le bal, dans une mise en scène de l’Italien Giorgio Barberio Corsetti (du 8 janvier au 8 février). Suivront Le Cas Blanche-Neige, mis en scène par Frédéric Maragnani (du 4 au 20 février), et Les Européens et Tableaux d’une exécution, mis en scène par Christian Esnay (du 12 mars au 11 avril).

Pour Michel Vinaver (80 ans), l’heure de gloire est arrivée. La Comédie-Française fait entrer à son répertoire L’Ordinaire (1981), une pièce inspirée par l’accident d’avion, au-dessus des Andes, en 1972, qui souleva la question des moyens limites de la survie. L’Ordinaire est la première pièce de Michel Vinaver à être jouée salle Richelieu. Elle est mise en scène par l’auteur, en collaboration avec Gilone Brun (du 7 février à mai).

Vinaver considère aujourd’hui que son oeuvre écrite est close. Il découvre le plaisir de porter son propre regard sur son théâtre, qui trouve enfin le chemin de la reconnaissance qu’il mérite. En 2009, la majorité des pièces de Vinaver seront jouées, à travers le monde. En France, il y aura en particulier la reprise de King, dans la mise en scène d’Arnaud Meunier, à la Commune d’Aubervilliers (du 12 au 28 mars), et Nina, c’est autre chose, à la Colline, mis en scène par Guillaume Lévêque (du 28 mai au 21 juin).

Jean-Luc Lagarce (1957-1995), pour sa part, continue sur l’extraordinaire lancée qui fait de lui l’auteur français le plus joué. S’il n’a pas eu la chance de connaître la gloire de son vivant, il bénéficie aujourd’hui auprès du public d’une énorme affection. Pour la première fois, il est joué par une “star” : Fanny Ardant, dans Music-hall, mis en scène par Lambert Wilson, aux Bouffes du Nord (à partir du 7 janvier).

A la Comédie de Reims, un jeune metteur en scène, Matthieu Roy, associe une autre pièce de Lagarce, Histoire d’amour, avec L’Amour conjugal, d’après le roman de l’Italien Alberto Moravia (du 15 au 28 janvier). Un autre Italien, le grand metteur en scène Luca Ronconi, prépare Giusto la fine del mondo (Juste la fin du monde) – un événement du théâtre en Europe -, au Piccolo Teatro, à Milan (du 18 mars au 9 avril).

Autres événements aux couleurs de l’Europe : trois reprises de spectacles créés ou présentés au Festival d’Avignon en juillet 2008 : Hamlet, mis en scène par l’Allemand Thomas Ostermeier (aux Gémeaux, à Sceaux, du 28 janvier au 8 février) ; la trilogie de Romeo Castellucci, Inferno, Purgatorio, Paradiso, inspirée de Dante (au Maillon, à Strasbourg, du 14 janvier au 4 février) ; Stifters Dinge, d’Heiner Goebbels (à Gennevilliers, du 9 au 17 janvier).

En province, l’une des créations les plus attendues est celle de Chantal Morel, qui adapte et met en scène Les Possédés, de Dostoïevski (MC2, Grenoble, du 9 au 18 janvier). En banlieue parisienne, une bande de jeunes gens, menée par le metteur en scène Gwenaël Morin, tente le pari de faire du théâtre permanent, en jouant toute l’année, aux Laboratoires d’Aubervilliers. Ils ont fait le choix d’adapter des pièces dont le titre est le nom du personnage principal : Lorenzaccio, Tartuffe, Molière, Hamlet, Bérénice, Antigone, Woyzeck (jusqu’au 31 décembre).

Parmi les spectacles qui inaugurent cette rentrée particulièrement riche et attractive, trois retiennent l’attention : Trilogia della villeggiatura (Trilogie de la villégiature), de Goldoni, présentée en italien à la MC93 de Bobigny (du 14 au 18 janvier), dans une mise en scène de Toni Servillo, l’interprète magistral d’Andreotti dans Il Divo, le film de Paolo Sorrentino actuellement à l’écran. Le nouvel opus de Fellag, Tous les Algériens sont des mécaniciens, au Rond-Point, à Paris (du 23 janvier au 15 février). L’interprétation par Michel Piccoli d’un rôle monstre du répertoire contemporain : Minetti, de Thomas Bernhard, mis en scène par André Engel (la Colline, du 9 janvier au 6 février).

Le théâtre privé rendra public mercredi 14 janvier le programme de sa rentrée.

Brigitte Salino
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